mercredi 29 avril 2026

L'IA est-elle plus intelligente que les gens ? C'est compliqué...

Un texte de la neuroscientifique Vivienne Ming invite à revoir la manière d’aborder l’intelligence artificielle. Plutôt que d’opposer l’humain et la machine, ou de supposer que l’IA se limitera aux tâches répétitives pendant que l’humain conservera le jugement et la créativité, ses travaux suggèrent que l’enjeu réel réside dans la qualité de leur interaction.



Pour étayer cette idée, elle a mené une expérience simple : des groupes de participants devaient prédire des événements réels (élections, décisions publiques, évolutions économiques) en un temps limité. Certains travaillaient seuls, d’autres avec une IA, et les résultats étaient comparés à ceux d’un marché de prédiction comme Polymarket.

Un marché de prédiction agrège les anticipations de milliers de participants qui misent financièrement sur l’issue d’événements. Le prix qui en résulte correspond à une probabilité collective, souvent relativement fiable, car elle combine informations dispersées et incitations à l’exactitude. Ce n’est pas une vérité absolue, mais un point de référence robuste pour évaluer la qualité des prévisions.

Les résultats sont instructifs. Les participants humains seuls se montrent peu performants, s’appuyant surtout sur l’intuition ou des informations récentes. Les modèles d’IA font mieux, sans atteindre systématiquement le niveau du marché. Les équipes hybrides, quant à elles, se divisent en trois groupes :
  • la majorité se contente de reprendre la réponse de l’IA, sans amélioration notable ;
  • d’autres s’appuient sur l’IA pour conforter leurs intuitions, dans un contexte où ces systèmes sont conçus pour produire des réponses convaincantes et peu contradictoires (c'est leur côté flatteur) si on ne les sollicite pas explicitement en sens inverse, ce qui accentue les biais et dégrade les résultats;
  • une minorité, enfin, engage un véritable dialogue critique avec l’IA.
C’est dans ce dernier cas que les performances deviennent remarquables. Les participants questionnent les réponses, demandent des preuves, explorent des contre-arguments. Cette interaction produit des analyses que ni l’humain ni la machine n’auraient générées seuls, atteignant parfois, voire dépassant, la qualité du marché de référence.

La différence ne tient pas à des capacités cognitives supérieures, mais principalement à deux dispositions : la capacité à adopter d’autres perspectives et l’humilité intellectuelle. Autrement dit, accepter l’incertitude, reconnaître les limites de son savoir et résister à la tentation de valider trop vite une réponse.

Ces qualités vont à contre-courant des usages dominants de l’IA, qui privilégient la rapidité et la fluidité. Or, l’apprentissage humain dépend en partie de la friction : l’erreur, l’hésitation, l’effort de compréhension. En éliminant ces étapes, on améliore la performance immédiate, mais on risque d’affaiblir la capacité de raisonnement à long terme.

C’est ce que Ming décrit comme un paradoxe : à mesure que l’accès à l’information devient quasi instantané, l’exploration intellectuelle tend à diminuer. Progressivement, un déplacement s’opère : certains utilisent l’IA comme un partenaire exigeant qui affine leur pensée ; d’autres s’habituent à obtenir des réponses rapides, au prix d’une moindre capacité à poser les bonnes questions.

La conclusion est pratique. L’usage pertinent de l’IA ne consiste pas à aller plus vite, mais à mieux comprendre ce qui manque. Cela implique de tester les réponses, de demander des arguments opposés, de prêter attention aux zones d’incertitude. L’IA devient alors un outil de confrontation intellectuelle plutôt qu’un simple fournisseur de solutions.

En définitive, la question centrale n’est pas technologique, mais culturelle : les outils développent-ils les capacités humaines, ou les remplacent-ils progressivement ? L’enjeu réside dans cette orientation, et dans les pratiques quotidiennes qui en découlent.

Source : Wall Street Journal

[Note du carnet:

Transposée au cadre éducatif, cette analyse suggère que l’enjeu ne se limite pas à valoriser l’humilité intellectuelle ou l’acceptation de l’incertitude. L’école devrait viser un équilibre plus exigeant entre connaissances, méthodes et posture intellectuelle.

D’une part, un socle solide de culture générale demeure indispensable. Il fournit des repères, des ordres de grandeur, une mémoire des faits et des concepts qui permettent de détecter des incohérences, de contextualiser une information et d’éviter de se laisser convaincre par un discours simplement plausible. Sans ce socle, l’esprit critique manque de prise.

D’autre part, ce socle doit être activé par des compétences méthodologiques explicites : savoir interroger une réponse, formuler des hypothèses alternatives, chercher des contre-arguments, distinguer un niveau de confiance d’un niveau de preuve. Il ne s’agit pas seulement de « douter », mais de structurer le doute.

Enfin, la posture intellectuelle reste déterminante : capacité à suspendre un jugement, à reconnaître les limites de son savoir, mais aussi à maintenir une exigence de cohérence et de rigueur face à des réponses fluides et assurées.

Dans un environnement où les outils produisent des réponses immédiates et convaincantes, l’objectif de l’école ne peut plus être uniquement la restitution de connaissances, ni même leur simple compréhension. Il devient double :

  • construire des esprits informés, capables de mobiliser des repères solides ;
  • former des esprits actifs animés d'une dose d'humilité intellectuelle, capables de mettre à l’épreuve ce qui leur est présenté, y compris lorsque cela paraît crédible.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’opposer savoir et esprit critique, mais de les articuler. La culture générale sans méthode reste inerte ; la méthode sans connaissances devient aveugle. C’est leur combinaison, exercée de manière consciente et régulière, qui permet un usage réellement éclairé des outils contemporains.]


mardi 28 avril 2026

Xénophobie — Scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine

La vidéo ci-dessous montre des scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine. On y voit des membres de groupes anti-immigration, dont Operation Dudula, bloquer l’accès aux enfants et parents étrangers (principalement d’autres pays africains), dans une ambiance de confrontation et de cris. 

L’incident s’est déroulé à Durban (KwaZulu-Natal), précisément devant l’Addington Primary School, dans le quartier de Point / South Beach. Les faits remontent principalement au 21 janvier 2026 (avec des protestations ayant commencé dès la rentrée scolaire autour du 14 janvier). 

Des parents sud-africains, soutenus par Operation Dudula, le mouvement March and March et des sympathisants du parti uMkhonto weSizwe (MK Party) fondé par l'ancien président Zuma, accusaient l’école de prioriser les enfants de ressortissants étrangers au détriment des élèves locaux.La police sud-africaine était présente en nombre important. 

Elle est intervenue pour disperser la foule à l’aide de canons à eau et de grenades assourdissantes, afin de protéger les élèves et de maintenir l’ordre. Des enquêtes pour incitation à la violence publique ont été ouvertes contre certains organisateurs des manifestations.

Dans cette autre vidéo, un homme noir crie « Retournez dans votre fichu pays, bande d'inutiles. Vous n'êtes pas capables de vous battre contre votre propre gouvernement, alors vous venez en Afrique du Sud. Bande de salauds. » Avant cela, une femme noire crie « Voertsek parapara» (Foutez le camp parasites, voertsek = ouste, dégage !, c'est le terme afrikaans pour chasser un animal importun, alors que pararapa signifie parasite en tsotsitaal.)

Qu’est-ce qu’Operation Dudula ?

Operation Dudula est un mouvement citoyen vigilante sud-africain, né vers 2021-2022, qui milite pour « mettre les Sud-Africains d’abord ». Il cible particulièrement l’immigration illégale, la concurrence sur les emplois, les logements et les services publics (écoles et hôpitaux). 

Le groupe organise régulièrement des patrouilles et des protestations contre les migrants, souvent accusé de xénophobie, surtout envers les autres Africains noirs.Le nom « Dudula » vient de l’isiZulu (langue zouloue, majoritaire au KwaZulu-Natal). Il signifie « forcer dehors », « repousser », « expulser » ou « renverser ». Il reflète directement l’objectif affiché du mouvement : expulser les immigrants non documentés pour réserver les ressources aux citoyens sud-africains.

Cet événement s’inscrit dans un contexte plus large de fortes tensions socio-économiques en Afrique du Sud : chômage élevé, pression sur les infrastructures publiques et débats récurrents sur l’immigration. La Constitution sud-africaine garantit cependant le droit à l’éducation pour tous les enfants présents sur le territoire, indépendamment du statut migratoire de leurs parents.

France — Baisse des résultats en sciences au collège : une chute concentrée sur les meilleurs élèves

Selon l’évaluation nationale Cedre Sciences 2024 publiée par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale), les résultats des élèves de troisième (dernière année du collège, correspondant à des élèves âgés d’environ 14 à 15 ans) poursuivent leur dégradation. Le résultat moyen passe de 250 points en 2013 à 238 en 2018, puis à 232 en 2024.

Mais derrière cette baisse globale se dessine une réalité plus préoccupante : le recul se concentre fortement sur les « bons élèves ».

Le rapport officiel met en évidence un net glissement des élèves des groupes de haute performance vers des groupes plus faibles. Voici les principaux chiffres :

Évolution des résultats en sciences (Cedre, élèves de 3e — 14-15 ans)
Année Résultat moyen Élèves les plus faibles (groupes <1 + 1) Élèves les plus performants (groupes 4 + 5) Dont groupe 5 (les meilleurs)
2013 250 15 %  26,1 % 9,2 %
2018 238 22 % (+7 pts) 19,9 % 5,3 %
2024 232 25 % (+10 pts depuis 2013) 16,8 % 4,4 %

La part des meilleurs élèves (groupe 5) a été divisée par près de deux en onze ans. Le groupe 4 (deuxième niveau de performance) a, lui aussi, reculé de 3 points entre 2018 et 2024, passant de 15 % à 12,4 %. À l’inverse, la proportion d’élèves en difficulté progresse nettement, passant de 15 % à 25 % sur la période.

La DEPP constate ce phénomène sans en proposer d’explication : elle évoque simplement un « glissement du pourcentage d’élèves des groupes de performance élevée vers des groupes de performance plus faible ». Le décrochage est plus marqué chez les garçons que chez les filles, dans le public que dans le privé, dans les collèges socialement défavorisés que dans ceux dits « privilégiés ».

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Cette évolution, observée au fil des évaluations successives depuis 2007, soulève des interrogations quant à l’organisation de l’enseignement des sciences (SVT, physique-chimie, technologie) en fin de collège : réduction des horaires, hétérogénéité accrue des classes après la suppression des groupes de niveau, ou encore évolution des pratiques pédagogiques sont régulièrement avancées par les enseignants, sans que le rapport officiel ne tranche.

Un signal fort, donc, pour un enseignement des sciences qui semble perdre en exigence et en efficacité auprès des élèves les plus performants. La France, qui plaçait autrefois la barre haut en sciences au collège, voit aujourd’hui le sommet de sa hiérarchie scolaire s’éroder.

Source

lundi 27 avril 2026

« Le Québec en mal d'étudiants français »

Les cinq kilomètres de tunnel aux murs couverts de dessins et tags qui relient les différents bâtiments de l’université Laval, dans la ville de Québec, ont de quoi intriguer les étudiants internationaux à leur arrivée. « Cela nous permet de nous déplacer plus rapidement d’un endroit à l’autre sans subir les températures qui peuvent parfois descendre jusqu’à - 20 °C. Certains y font même leur footing ! », explique Augustin, jeune Français de 21 ans. 

Sur 180 hectares, le site dispose de bien d’autres atouts pour compenser la rigueur de l’hiver québécois. Comme ces infrastructures sportives de haut niveau : plusieurs piscines, dont un bassin olympique, deux patinoires, de nombreux gymnases, ainsi que des terrains extérieurs de beach-volley, encore enneigés en ce début de printemps.

Tous ces attraits ne suffisent plus, pourtant, à attirer les jeunes du monde entier. En 2024-2025, l’université Laval a enregistré une chute de 66 % des demandes d’inscription émanant de candidats étrangers, et une baisse de 30 % parmi les Français. Une tendance qui se confirme dans beaucoup d’établissements supérieurs canadiens. En cause : le durcissement de la politique fédérale en matière d’immigration étudiante. Depuis 2024, Ottawa a fortement réduit le nombre de permis d’études délivrés. Seuls 155 000 nouveaux étudiants étrangers pourraient obtenir ce précieux sésame cette année, deux fois moins qu’en 2025.

Ainsi, le 8 avril, Neoma Business School [malgré son nom un établissement hexagonal] signait un nouvel accord de trois ans avec l’Ecole d’éducation permanente de l’université McGill (drapée de couleurs automnales ci-dessus)

« Ce coup de frein n’est pas lié à une diminution de nos quotas puisque notre propre capacité d’accueil reste inchangée. Mais le message négatif envoyé a tendance à dissuader les familles de se tourner vers nous », déplore Frank Pons, doyen de la Faculté des sciences de l’administration de l’université Laval.
 
Pourquoi le Canada, jusqu’ici perçu comme une terre d’accueil pour des milliers de jeunes étrangers, donne-t-il aujourd’hui l’impression de faire machine arrière ? « Il y a eu de nombreux abus, principalement de la part des collèges communautaires [NDLR : des formations pré-universitaires ou techniques] qui ont fait venir des étudiants internationaux en masse. Cet afflux a provoqué des situations d’engorgement sur certains territoires très localisés, compliquant l’accès au logement ou aux services de santé. Il aurait mieux valu se concentrer sur des opérations ciblées contre ces dérives », explique Christian Blanchette, recteur de l’université du Québec à Trois-Rivières.

Or la réponse nationale portée par les autorités canadiennes a bouleversé tout le secteur, y compris les universités les plus prestigieuses. Le fait que bon nombre d’élèves, échaudés par le signal envoyé par Ottawa, préfèrent se tourner vers d’autres destinations, représente pour elles un manque à gagner significatif. Ce désamour pourrait aussi, à terme, affecter la recherche. « Nous avons besoin des doctorants venus du monde entier puisque ces derniers représentent la moitié de nos effectifs », s’inquiète encore Christian Blanchette.

Face à cette situation, les autorités tentent de corriger le tir. Le 30 mars, la ministre québécoise de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, a rencontré son homologue français Philippe Baptiste afin de réaffirmer la solidité des liens unissant la province canadienne et la France depuis plus de soixante ans. Pour les jeunes Français, venir étudier au pays de l’érable comporte bien des avantages. Au Québec, contrairement à leurs homologues étrangers, ils bénéficient de droits de scolarité préférentiels. Des frais généralement compris entre 6 000 et 13 000 euros par an au niveau licence.

Autre atout majeur : l’environnement montréalais [comprendre l'influence indue de l'anglais dans la métropole québécoise]. La ville conjugue les codes d’une grande métropole nord-américaine et une forte identité francophone. « Les jeunes Français viennent y perfectionner leur anglais [au frais du contribuable québécois!] tout en sachant qu’ils arriveront toujours à se faire comprendre. La législation leur permet d’ailleurs de composer leurs examens en français s’ils le souhaitent », insiste Anne-Marie Croteau, doyenne de l’école de gestion John-Molson  [anglophone] rattachée à l’université Concordia [anglophone], dont les deux campus attirent chaque année plus de 8 700 étudiants internationaux, soit près de 20 % de ses effectifs.

HEC Montréal, affilié à l’université de Montréal, figure également parmi les établissements les plus attractifs de la ville grâce à sa grande bibliothèque, la qualité de ses espaces de travail ouverts sur une forêt urbaine et sa salle des marchés équipée de logiciels de trading professionnels. Pour relancer la mobilité entre les deux nations, les universités québécoises misent plus que jamais sur le renforcement de leurs partenariats avec la France. Ainsi, le 8 avril, Neoma Business School [malgré son nom un établissement hexagonal] signait un nouvel accord de trois ans avec l’Ecole d’éducation permanente de l’université McGill, son département de formation continue. A partir de l’automne 2026, un groupe de Français pourra s’y rendre pour un semestre. Déjà liée à HEC Montréal, Concordia et l’université Laval, l’école de commerce tricolore renforce ainsi son ancrage québécois.

« Ce pays reste une destination très prisée de nos étudiants, notamment pour son avance sur les sujets technologiques, l’IA, ainsi que les secteurs de l’audiovisuel, du jeu vidéo, du digital et des loisirs. Mais aussi parce que Montréal et Québec sont des villes où il fait bon vivre », souligne sa directrice générale Delphine Manceau.

Au point que certains choisissent de prolonger l’aventure au-delà leurs études. Emma Guiard, ancienne élève de Neoma, a passé deux ans à l’université Concordia dans le cadre du programme Cesem, un cursus postbac en quatre ans. « Mon objectif initial était d’enchaîner sur un master à Paris. Mais, l’an dernier, j’ai accepté un job d’hôtesse d’accueil chez Tiffany & Co à Montréal pendant la période de Noël », raconte-t-elle. Quelques mois plus tard, son ancienne responsable la recontacte et lui propose un poste de directrice des opérations. « Le fait d’avoir un double diplôme est clairement un avantage pour trouver un emploi », souligne la jeune femme, qui voit des opportunités sur place en dépit, ces dernières années, du tour de vis du gouvernement sur les conditions d’octroi des permis de séjour post-études.

Enfin, les universités québécoises ont beau clamer que les étudiants sont toujours les bienvenus, les candidats se heurtent aussi à d’importantes complexités administratives depuis le tournant de 2024. Justine Bourgeois, admise en sciences politiques à l’université [anglophone!] McGill de Montréal, à la rentrée dernière, en a eu des sueurs froides. « Je n’ai reçu mon visa que le 20 août, soit une semaine avant le début des cours. M’étant déjà rendue sur place avec un visa touristique, j’ai dû faire un aller-retour entre Montréal et Paris et repasser la frontière pour récupérer le bon document à la douane », explique-t-elle.

Son cas est loin d’être isolé. Au sein des bâtiments du XIXe siècle en pierre grise, bon nombre de ses camarades français évoquent des délais à rallonge. Toutefois, comme eux, la jeune étudiante s’est vite intégrée, une fois les formalités réglées : « Je suis là au moins pour trois ans, jusqu’à l’obtention de mon bachelor mais je n’exclus pas de rester par la suite ! » À condition qu’Ottawa ne durcisse pas encore le ton d’ici là.

Source : L'Express

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Mathieu Bock-Côté de A à Z


Petit abécédaire rédigé par Valeurs actuelles sur Mathieu Bock-Côté qualifié d'homme incarné, nuancé et subtil, adversaire résolu du politiquement correct, tel qu'il se donne à voir dans ses échanges passionnants avec Laurent Dandrieu dans le livre d'entretien récemment publié Le Pessimiste joyeux (Fayard, 272 pages).

30 octobre 1995

Pour moi, l'indépendance [du Québec] allait de soi. La journée du référendum, nous sommes persuadés de l'emporter - les sondages des derniers jours le laissaient croire. Et quand on perd, le soir, après une longue soirée référendaire, je ressens une forme d'effondrement mental : ce qui devait arriver n'était pas advenu, le Québec ne devenait pas un pays.

Banquet

​J'ai toujours aimé la figure du banquet. J'aime tout ce qui est excessif, ce qui déborde, ce qui ne rentre pas dans les cases. J'aime que partout la vie déborde, or le régime n'aime pas ce qui déborde. C'est pourquoi il y a aujourd'hui une guerre contre l'alcool, une guerre contre ci, une guerre contre ça. Plus que la santé publique, ce qui guide cela implicitement, c'est l'idéal d'une existence normalisée. Toute forme de spiritualité un tant soit peu radicale va être traitée sur le mode sectaire. Tout tempérament plus conquérant va être vu comme extrémiste [… ]. Le banquet est l'ultime forme de résistance, parce que ça rassemble tout : l'excès, la fête, la conversation brillante et, en même temps, les chants paillards. Et aussi cette relation égalitaire, exceptionnelle, qu'est l'amitié. Et encore aussi la figure du désir pour l'autre sexe.

Dieu

Sur le plan politique, il n'importe pas de savoir si on croit en Dieu ou non, il importe de savoir si on se prend pour Dieu ou non. Or, les modernes ont la tentation de se prendre pour Dieu. Mais l'homme n'est pas créateur du monde. Il peut l'aménager, l'améliorer, le transformer, le magnifier, le détruire, mais il ne le crée pas. S'il veut le créer, ou le recréer, il est condamné à l'anéantir : c'est la malédiction de l'homme-démiurge.

Diversité

La diversité, avant d'être une richesse, comme ils disent (et c'en est une pour le patronat qui cherche une main-d'œuvre à bas salaire, c'en est une pour les partis de gauche qui croient trouver là un électorat de substitution, c'en est une pour les racistes anti-blancs qui rêvent d'un multiculturalisme agressif pour débarrasser l'Occident de ses vieux peuples), est un projet. Le progressisme tel qu'il se transforme au cours des années 1950 et 1960 entend détraditionaliser les sociétés occidentales, les décoloniser de l'intérieur, si l'on veut, en faisant tomber la figure de l'homme blanc hétérosexuel, et tout l'univers symbolique qu'on lui associait.

Do you speak English ?

​On ne m'entendra jamais dire un mot d'anglais au Québec. Et si on insiste vraiment : « But don't you speak English ? » « Never at home ! » Je parle anglais, je le lis chaque jour, je l'écris correctement, mais je refuse de le parler au Québec. Jamais, vous ne m'entendrez parler anglais dans mon propre pays - c'est une belle langue, c'en est une grande, mais chez moi, c'en est d'abord une qui s'impose dans un rapport néocolonial.

Droite/gauche

Je ne sens pas le besoin de me dire de droite comme la gauche se dit de gauche. La gauche s'autoproclame gauche, puis renvoie à droite tout ce qu'elle n'aime pas. Je n'ai pas vraiment envie de rentrer dans son jeu. Ceux qui se couchent, elle les assimile au centre. Ceux qui chouinent sans la combattre vraiment, elle les nomme droite. Ceux qui lui tiennent vraiment tête, elle les nomme extrême droite. Et ceux qui se retrouvent à droite sont généralement malheureux de l'être. Ils auraient préféré être ailleurs. De là la droite complexée, la seule tolérée, à la différence de la droite décomplexée, qui est une droite désinhibée, ayant oublié d'être honteuse.

Finkielkraut (Alain)

J'ai une admiration infinie pour Alain Finkielkraut, et beaucoup d'affection aussi ; je lui dois énormément - nous sommes nombreux dans cette position, d'ailleurs. Fink a une belle formule : « On ne pense pas par soi-même de soi-même. » Je dirais, de ce point de vue, que j'ai appris à penser par moi-même en bonne partie grâce à lui, à la fois parce qu'il traduisait philosophiquement certaines de mes intuitions les plus profondes, mais aussi parce qu'il nous mettait sur la piste d'auteurs appelés à marquer profondément l'esprit de ceux qui les lisaient vraiment.

Flaque

Le progressisme prétend nous délivrer de tout, couche après couche, couche culturelle, couche sociale, couche ethnique, couche religieuse, pour faire de nous des individus absolument libres, sans détermination. À terme, nous condamnant au modèle de l'identité fluide, il nous conduit à la flaque finale.

Fraise

​Je me souviens d'une balade, aux îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent [à 915 km à l'est de Montréal à vol d'oiseau]. Au loin, je vois une grande croix plantée dans le sol, au sommet d'une colline. Je décide de m'y rendre, je marche une trentaine de minutes, j'y arrive. Et d'un coup, je m'agenouille, et à ce moment, je me sens terriblement ridicule. Parce qu'une part de moi dit : "Tu fais ce que tu as à faire, devant la Croix, on s'agenouille, c'est d'ailleurs dans cette position qu'il faut la contempler. " Mais l'autre partie dit : "Arrête de te faire croire des choses ; tu sais très bien que tu as la densité spirituelle d'une fraise!"

dimanche 26 avril 2026

Passage controversé anti-famille et anti-nataliste à Radio-Canada (contrôle de l'utérus, rôle de reproduction capitaliste, etc.)

Le chef du Parti Québécois promet des mesures dans les domaines du logement, du coût de la vie et de la lutte contre l'infertilité pour contrer la baisse des naissances au Québec lors des prochaines élections cet automne. Le Parti Québécois mène dans les sondages.

Ces mesures d'aide aux familles ont attiré la critique du diffuseur gouvernemental lors de l’émission Tout peut arriver diffusée le 25 avril et animée par Marie-Louise Arseneault. Xavier Brouillette, professeur de philosophie, y critique sévèrement les mesures pro-familles, y voyant un risque pour la planète et un impératif productiviste capitaliste. L'animatrice acquiesce aux propos en sortant une scie surannée (« contrôle des utérus »).  Pour Brouillette, le Parti Québécois qui propose de telles mesures « devra préciser ce qu'il entend par politiques natalistes ». 

Notons que Guillaume Rousseau, également présent dans le studio, tente d'apporter une nuance : il faut distinguer les politiques qui poussent à avoir plus d'enfants qu'ils n'en auraient voulu et celles qui permettent aux gens d'avoir simplement le nombre d'enfants qu'ils désirent. On sait, par ailleurs, que les gens veulent plus d'enfants qu'ils n'en auront.

Mais Xavier Brouillette campe sur ses positions : il faut se demander ce qui motive ce désir d’augmenter la population. M. Brouillette ne semble pas envisager que ces mesures ne sont pas conçues pour augmenter la population, mais qu'il s'agit de satisfaire des désirs légitimes et d'éviter l'implosion démographique des « natifs » (l'indice de fécondité est de 1,33 enfant/femme au Québec). 

Notons la timidité de Rousseau face à l’affirmation décomplexée de Brouillette. Rousseau ne cherche pas à changer les mentalités : il se contente de suggérer que chacun puisse avoir le petit nombre d’enfants qu’il souhaite (un peu plus de 2 enfants/femme). Brouillette, en revanche, n’a pas ces scrupules : il prône l’acceptation de la décroissance démographique. La gauche ne rechigne pas à transformer les mentalités, ce qui constitue d’ailleurs une part essentielle de ce qu'elle considère comme son ministère moral. C'est la nouvelle prélature, les médias subventionnés leur chaire d'où ils prêchent et sermonnent leurs ouailles tentées ici d'avoir des enfants. C'est pécher contre la Terre.

On aimerait également savoir si M. Brouillette est contre toute immigration pour éviter l'augmentation de la population et ainsi sauver la planète (les immigrés consomment nettement plus d'énergie au Québec boréal que dans leur pays d'origine : souvent entre 2 et 10 fois plus, selon le pays de départ et le mode de vie.)



Les propos de Xavier Brouillette et consorts ont attiré une réponse unanime : aider les familles à ne pas renoncer aux enfants qu'elles désirent ce n'est pas être extrémiste.

C'est le cas de Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent :


Comme Mme Rizqy l'indique, ce souci est transpartisan : le ministre Bernard Drainville de la CAQ au pouvoir, Éric Duhaime du Parti conservateur du Québec et M. Paul St-Pierre Plamondon du Parti Québécois sont également sensibles à cette question cruciale.

Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté a lancé depuis Paris :

« ti-clin » c'est un « petit ahuri » ou « petit insignifiant »


Réaction intéressante du directeur de Cardus pour le Québec :
Rappelons que les féministes de gauche québécoises ont soutenu l'abandon en 1998 d'une politique d'aide universelle à la naissance pour la remplacer par une politique nettement plus chère et sélective de garderies subventionnées.  La ministre de la Famille et de l'Enfance de l'époque, Nicole Léger (PQ), avait alors qualifié ce programme d'allocation à la naissance « d'échec lamentable ». Le diagnostic peu nuancé de la ministre Léger s'expliquait sans doute par des réticences fréquentes exprimées par le Conseil de la femme à toute politique nataliste efficace. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était ainsi interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »
 
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Les immigrants consomment nettement plus d'énergie au Québec et au Canada que dans leur pays d'origine

Lorsqu’une personne s’installe au Canada ou au Québec, sa consommation d’énergie augmente généralement par rapport à celle qu’elle avait dans son pays d’origine. Cette hausse peut être significative : souvent entre 2 et 10 fois plus, selon le pays de départ et le mode de vie.

Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation : le climat froid, qui nécessite un chauffage important, la grande superficie du pays, qui implique des déplacements plus longs, et un niveau de vie globalement élevé, avec une utilisation plus intensive de l’électricité et des appareils ménagers.

Comparaison par pays d’origine

Voici quelques exemples de consommation d’énergie par habitant, en kWh par an, pour le pays d’origine et pour le Canada/Québec. Les données proviennent de Our World in Data et de l'Energy Institute.

Pays d’origine Consommation moyenne (kWh/an) Consommation au Canada/Québec (kWh/an) Facteur multiplicateur
Inde ~7 700 ~83 000 ×10,8
Chine ~34 100 ~83 000 ×2,4
France ~36 800 ~83 000 ×2,25
Philippines ~10 000 ~83 000 ×8,3
Algérie ~15 000 ~83 000 ×5,5
Haïti ~5 000 ~83 000 ×16,6

Analyse

Ces chiffres montrent que l’augmentation de consommation énergétique n’est pas liée à l’origine culturelle ou ethnique des immigrants, mais résulte avant tout du climat, de la taille du pays et des habitudes locales de consommation. Même pour des pays à consommation déjà élevée, comme la France ou la Chine, l’augmentation reste notable.

Il est également important de souligner que le mix énergétique québécois, principalement basé sur l’hydroélectricité, atténue l’impact environnemental de cette consommation plus élevée.

En résumé, l’installation d’un immigrant au Canada ou au Québec implique généralement une consommation d’énergie beaucoup plus importante qu’au pays d’origine, souvent plusieurs dizaines de milliers de kWh supplémentaires par an.


Un couple homosexuel américain fait polémique en se moquant de « leur » bébé qui dit « mamma »

Devenue virale, la vidéo montre un couple d’hommes ricanant face à leur nourrisson en pleurs, qui réclame de voir sa maman, en réponse à la question de savoir lequel de ses deux papas il préfère. Des associations conservatrices américaines s’appuient sur cette vidéo pour demander l’abolition de la gestation pour autrui.

C’est ce qui s’appelle un «bad buzz». Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux et devenue virale, mais au détriment de son auteur, un nourrisson de quelques mois est filmé dans les bras de son père par le compagnon de ce dernier. L’enfant est né d’une gestation pour autrui et les deux hommes sont ses «parents d’intention». Celui des deux qui tient le bébé s’amuse à l’interroger en rigolant : «Tu veux qui ? ’Dadda’ ou ’Pap’ ?» demande-t-il alors que l’enfant manifeste par des signes d’impatience qu’il est lassé de jouer dans ses bras. «Ma... Mamma», bredouille le bébé qui se met à pleurer. Les deux hommes éclatent alors de rire : «Non, pas maman !» lui répond, en ricanant, celui qui le tient dans ses bras. Il repose alors sa question. L’enfant insiste et continue de répondre «Mamma», augmentant encore l’hilarité des deux hommes, qui rétorquent de plus belle : «Non, il n’y a pas de maman !» lance l’un en riant ; «certainement pas» , crie l’autre.

L’homme qui poste la vidéo est un chanteur et compositeur de musique country, qui a remporté plusieurs Grammy Awards. Cet habitant de Nashville dans le Tennessee, nommé Shane McAnally, partage régulièrement auprès de ses 140.000 abonnés le quotidien de sa famille, afin de militer pour l’acceptation de l’homoparentalité dans la société américaine, et évoque régulièrement dans les médias son engagement pour la cause LGBT au sein du milieu de la musique country, réputé conservateur. Lui et son mari Michael Baum élèvent ensemble deux adolescents jumeaux, Dylan et Dash, et viennent d’accueillir un troisième enfant né d’une mère porteuse en Californie : Texson Ray, qu’ils surnomment «Tex». «Nous l’avons aimé instantanément dès que nous l’avons découvert»,  confiait Shane McAnally au magazine People, qui a consacré un article à l’arrivée du bébé dans sa famille, ajoutant : «Il est absolument parfait à tout point de vue» .

«Un bébé homophobe»

Sur son compte Instagram, le père de famille partage tantôt des extraits d’un one-man-show où il fait rire l’assistance en racontant des anecdotes amusantes sur les «problèmes d’un père homosexuel» au quotidien, tantôt des photos ou des vidéos de moments de vie familiale. Il montre ainsi la rencontre des jumeaux avec le petit bébé, quelques jours après la naissance, à la maternité où il est né. Il n’est nulle part fait mention de la mère porteuse, qui n’est pas même mentionnée dans les publications, ni même remerciée. En revanche, plusieurs publications à visée humoristique consistent à mettre en scène le désarroi du nourrisson à l’idée de ne pas être élevé par sa mère.

Ainsi sur une photo où l’enfant est photographié en gros plan alors qu’il semble manifestement avoir du chagrin, Shane McAnally commente en légende : «On vient de lui annoncer qu’il a deux papas» . Sur une autre vidéo, baptisée «Un bébé homophobe âgé de seulement 6 semaines» , les deux hommes s’amusent à montrer une supposée grimace qu’effectue leur nourrisson au moment où ils lui annoncent à nouveau qu’il a deux papas.

Si jusqu’à présent la plupart de ces publications suscitaient des commentaires attendris ou amusés des internautes, cette fois la dernière vidéo dans laquelle les deux hommes ricanent devant leur fils appelant sa maman a déclenché de très vives désapprobations. «Comment peut-on rire de cela ?» commente un internaute ; «Ça me brise le cœur», écrit un autre ; «Espérons qu’un fonctionnaire des services de protection de l’enfance va sauver ce bébé» poursuit un troisième. «Les enfants méritent mieux que cela», a commenté l’association conservatrice «Concerned Women», qui milite pour l’abrogation de la gestation pour autrui aux États-Unis.

Voir aussi
 
 
 
Source : Le Figaro

samedi 25 avril 2026

Lors de son homélie au Cameroun, le pape Léon XIV a encouragé les jeunes à ne pas émigrer

Laurent Dandrieu réagit au pape Léon XIV qui défend le droit des pays de contrôler leurs frontières : « La question migratoire est moins une obsession pour le pape Léon XIV que pour son prédécesseur ».

L'émission au complet (segment avec Laurent Dandrieu commence vers 1 h 05):


Lors de son homélie au Cameroun, le pape Léon XIV a encouragé les jeunes à NE PAS ÉMIGRER, mais à rester pour contribuer au développement de leur pays.

vendredi 24 avril 2026

Novlangue — Ne dites plus « Grand remplacement » mais « Grande irrigation »

Dans  l'émission Libre à Vous, l'écrivain de gauche Erik Orsenna, né en 1947 et ancien conseiller de François Mitterrand, propose que «la vieille France» soit «irriguée» par l'Afrique, rebaptisant le phénomène « grande irrigation » au lieu de « grand remplacement ».

Orsenna conditionne cette idée au développement réussi des pays africains, dans un échange détendu avec la présentatrice Guyonne de Montjou, illustré par un extrait vidéo de l'interview.

Pour Laurent Dandrieu, journaliste à Valeurs actuelles, « La grande irrigation » d'Orsenna, c'est la version 2026 de l'immigration c'est « une chance pour la France » de Bernard Stasi en 1984. « Durant ces 42 ans, tout le monde a vu que ça ne marchait pas, sauf Orsenna et cette intelligentsia qui s'accroche à ses erreurs chéries qui nous conduisent à l'abîme. »

 Exposition coloniale de 1931

Erick Orsenna se trompe sur les chiffres de l'Exposition coloniale de 1931 dans le bois de Vincennes. La France n'était pas peuplée de 31 millions d'habitants mais de 41 millions.

L’Exposition coloniale internationale s’est tenue du 6 mai au 15 novembre 1931 dans le bois de Vincennes (porte Dorée), à Paris. 

Chiffres officiels de fréquentation

33 489 902 entrées (billets payants vendus en 193 jours d’ouverture). 

Environ 8 millions de visiteurs uniques (estimation : chaque personne achetait en moyenne 4 à 5 billets, car beaucoup revenaient plusieurs fois). 

Répartition estimée des visiteurs

Selon les rapports de l’époque et la Préfecture de police (reprise dans les sources historiques) :  

  • 4 millions de Parisiens  
  • 3 millions de provinciaux  
  • 1 million d’étrangers

Soit environ 7 millions de Français (Parisiens + provinciaux) sur les 8 millions de visiteurs uniques. Les étrangers représentaient donc environ 12-15 % du public. 

Population de la France métropolitaine à l’époque

Recensement officiel du 8 mars 1931 (résultats publiés au Journal officiel) :
41 834 923 habitants au total en France métropolitaine (dont 38 944 000 Français et 2 890 923 étrangers). 


Inauguration de l'exposition le 6 mai par Gaston Doumèrgue et le maréchal Liautey