mercredi 18 février 2026

Le 18 février 1685 : la fondation de Fort Saint-Louis au Texas par La Salle

Un jalon de l'exploration française en Amérique du Nord

Le 18 février 1685, René-Robert Cavelier de La Salle (portait ci-contre) posait le pied sur le littoral texan et fondait Fort Saint-Louis, établissement destiné à ancrer la présence française dans le golfe du Mexique. Trois cent quarante et un ans plus tard, cet événement mérite d'être revisité dans toute sa complexité : une expédition portée par de réelles ambitions géopolitiques, compromise dès l'origine par une erreur de navigation, et finalement engloutie par les difficultés du Nouveau Monde.

Le contexte d'une expédition ambitieuse

Né en 1643 en Normandie, René-Robert Cavelier, sieur de La Salle, s'était déjà illustré en descendant le Mississippi jusqu'à son embouchure en avril 1682, prenant possession au nom de Louis XIV de l'ensemble du bassin fluvial qu'il baptisa « Louisiane ». Fort de cette reconnaissance royale, il entreprit en 1684 une nouvelle expédition depuis La Rochelle avec quatre navires — le Joly, l'Aimable, la Belle et le Saint-François — et environ trois cents personnes : colons, artisans, soldats et quelques religieux. Son objectif était d'établir une colonie permanente à l'embouchure du Mississippi, point d'appui stratégique contre les ambitions espagnoles et poste avancé susceptible de relier la Nouvelle-France au golfe du Mexique.

Voyages de Cavelier de La Salle

Une erreur de navigation aux conséquences fatales

La Salle ne parvint jamais à l'embouchure du Mississippi. Plusieurs facteurs conjugués le conduisirent à atterrir dans la baie de Matagorda, au Texas, à environ six cents kilomètres à l'ouest de sa destination. Les cartes de l'époque étaient entachées d'erreurs significatives : elles représentaient le Mississippi comme coulant droit vers le sud, sans rendre compte de son inflexion vers l'est et le sud-est, et situaient son delta à une position de longitude inexacte. À ces imprécisions cartographiques s'ajoutèrent les effets des courants du golfe du Mexique, particulièrement marqués en hiver, qui dévièrent la flotte vers l'ouest à l'insu de l'équipage. Des instruments de navigation défectueux — notamment un astrolabe endommagé — et des erreurs de calcul de la longitude aggravèrent la situation. La brume persistante empêcha par ailleurs de rectifier la route par des observations astronomiques fiables. Persuadé d'avoir dérivé trop à l'est, La Salle corrigea sa trajectoire dans la mauvaise direction et dépassa ainsi sa cible sans le savoir.

C'est dans ce contexte que, le 18 février 1685, il établit Fort Saint-Louis sur la rivière Garcitas, à une vingtaine de kilomètres à l'intérieur des terres depuis la baie de Matagorda.

Les épreuves d'une colonie mal préparée

La colonie dut faire face à des conditions pour lesquelles elle n'était guère préparée. Le climat subtropical du Texas — étés lourds et humides, tempêtes violentes — éprouva durement des hommes habitués aux latitudes tempérées. L'Aimable s'échoua lors du débarquement dans la baie de Matagorda, emportant une partie des vivres et des provisions ; la Belle fut perdue peu après dans la même baie lors d'une tempête, privant définitivement la colonie de son dernier lien maritime avec la France. La marche initiale de plusieurs dizaines de kilomètres pour gagner le site du fort, à travers marais et bayous infestés de serpents, fit des premières victimes.


L'agriculture s'avéra un échec : les semailles de blé et de légumes périrent dans un sol inadapté sous un climat imprévisible, contraignant les colons à dépendre de la chasse et de cueillettes aléatoires. Le scorbut, maladie de carence en vitamine C chronique chez les marins soumis à de longues traversées sans vivres frais, décima rapidement la population. Après sept mois de navigation puis des mois d'isolement sans fruits ni légumes, les symptômes — fatigue extrême, hémorragies gingivales, dégénérescence des tissus — se multiplièrent, emportant plus de la moitié des colons en peu de temps.

Conflits avec les populations autochtones et fin de la colonie

Les relations avec les Karankawas — peuple côtier nomade que les Français désignaient dans leurs récits sous le nom de «Clamcoche» ou variantes approchées — se dégradèrent rapidement. Initialement pacifiques, ces contacts tournèrent à l'hostilité ouverte après que des colons se furent emparés de pirogues appartenant aux autochtones. Les escarmouches se multiplièrent, aboutissant à une attaque meurtrière contre le fort en 1688.

Entre-temps, La Salle avait quitté le fort à la tête d'une petite troupe en janvier 1687, espérant rejoindre à pied le Mississippi et de là regagner la Nouvelle-France afin d'obtenir des renforts. Il fut assassiné par plusieurs de ses hommes lors d'une mutinerie en mars 1687, quelque part dans l'actuel Texas oriental. Les derniers survivants de Fort Saint-Louis, réduits à une vingtaine de personnes, furent massacrés par les Karankawas en 1688 ou 1689. Seuls quelques enfants furent épargnés et recueillis par les autochtones, dont certains retrouvèrent plus tard les Espagnols.

Ces enfants comptent parmi les rares témoins directs de la langue et de la culture karankawas. On ne connaît en effet que quelques dizaines de mots de cette langue, recueillis par divers auteurs entre le XVIIe et le XIXe siècle, époque à laquelle elle s'éteignit. La première liste de vocabulaire karankawa — vingt-neuf mots relevant du dialecte « clamcoche », parlé au nord et au nord-est de la baie de Matagorda (baie Saint-Bernard ou baie Saint-Louis) — fut précisément fournie par les frères Pierre et Jean-Baptiste Talon, qui vécurent parmi les Clamcoches entre 1687 et 1689.

Un héritage paradoxal

Malgré son échec total sur le plan colonial, l'expédition de La Salle eut des conséquences géopolitiques durables. La présence, même éphémère, d'un établissement français au Texas alarma l'Espagne, qui intensifia en réaction l'exploration et la colonisation de cette région, fondant notamment plusieurs missions et présides destinés à affirmer sa souveraineté. La rivalité franco-espagnole pour le contrôle du golfe du Mexique et des territoires intérieurs s'en trouva renforcée, contribuant à redessiner les rapports de force en Amérique du Nord septentrionale tout au long du XVIIIe siècle.

La fondation de Fort Saint-Louis illustre par ailleurs les limites et les risques de l'exploration à l'ère préindustrielle : des cartes insuffisantes, des instruments défaillants, une logistique fragile et une méconnaissance des environnements locaux pouvaient transformer en désastre les entreprises les mieux conçues. L'expédition demeure, à ce titre, un objet d'étude précieux pour l'histoire de la navigation, de la colonisation et des contacts entre cultures européennes et autochtones.

Qu'est-ce qui explique l'écart salarial entre les hommes et les femmes ? La maternité.

Les recherches suggèrent qu'après avoir pris en compte les contraintes auxquelles les femmes sont confrontées pour avoir et élever des enfants, il ne reste plus grand-chose à expliquer dans le domaine des écarts salariaux. L'économiste la plus influente dans ce domaine, Claudia Goldin de l'université Harvard, qui a remporté le prix Nobel en 2023, semblait avoir clos le débat. Selon ses travaux, la maternité explique pratiquement tout l'écart salarial.

Une poignée d'articles publiés au cours des deux dernières années ont relancé le débat. Ils s'appuyaient sur des ensembles de données puissants et novateurs, qui mettaient en relation les dossiers médicaux et les données sur les revenus dans les pays scandinaves. Ces nouvelles preuves ont permis aux économistes d'exploiter la puissante expérience naturelle offerte par les variations de la fertilité des femmes. Les chercheurs ont pris comme échantillon des femmes ayant recours à la fécondation in vitro (FIV) – qui souhaitaient clairement avoir des enfants – et ont examiné la différence de salaire à long terme entre celles qui sont tombées enceintes et celles qui ne l'ont pas été. Au début, les mères gagnaient beaucoup moins, mais cet écart s'est réduit avec le temps. Environ 10 à 15 ans après la naissance des enfants, les mères gagnaient même un petit supplément.

Cette approche consistant à exploiter les variations naturelles de la fertilité a été utilisée dans une nouvelle étude, menée par Camille Landais de la London School of Economics et d'autres chercheurs. Elle s'intéresse aux femmes atteintes du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), une maladie rare dans laquelle une fille naît sans utérus mais se développe normalement par ailleurs. Ces femmes savent très tôt dans leur vie qu'elles ne pourront pas avoir d'enfants, ce qui les différencie de celles qui le découvrent après avoir échoué à concevoir naturellement ou par FIV. Cela pourrait influencer leurs salaires futurs, car les femmes qui envisagent de concevoir peuvent investir différemment dans leur capital humain. Elles pourraient, par exemple, dépenser moins pour leurs études, sachant qu'elles pourraient mettre leur carrière entre parenthèses après avoir donné naissance.

Cette connaissance précoce semble faire une grande différence. L'étude sur les femmes atteintes du syndrome MRKH a révélé qu'elles gagnent à peu près autant que les autres femmes et les hommes au début de l'âge adulte. Puis, entre 30 et 40 ans, alors que l'écart salarial entre les hommes et les femmes se creuse, les femmes atteintes du syndrome MRKH suivent une trajectoire différente. La trajectoire de leur salaire est presque identique à celle de leurs homologues masculins. En d'autres termes, si l'on élimine la maternité et toutes les décisions que les femmes pourraient prendre en l'anticipant, l'écart salarial semble disparaître. Il est difficile d'imaginer un meilleur moyen d'isoler les effets de la maternité des autres caractéristiques féminines et d'étudier leur impact sur les revenus. 

Source : The Economist
 
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Cliquer sur le graphique ci-dessus pour l’agrandir.


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mardi 17 février 2026

Mohamed et ses variantes, le prénom le plus donné en Alberta en 2025

Le prénom Mohamed (et ses variantes) figurait en tête de la liste des prénoms les plus données aux garçons nés en Alberta en 2025.        
        
Il devançait des prénoms tels que Noah, Theodore et Oliver.

Selon les données publiées par le gouvernement de l'Alberta, Mohamed était le prénom le plus populaire pour les garçons en 2025, avec plus de 270 garçons nés sous ce prénom.  On trouvera ci-dessous la liste de ces prénoms.

Forme Occurrences Origine/Utilisation approximative
Mahamat 1 Tchad / Afrique centrale
Mahamed 1 Afrique de l’Est / Afrique de l’Ouest
Mehmed 1 Turquie / Balkans
Mehmet 2 Turquie / Balkans
Mohamad 16 Maghreb / Moyen-Orient
Mohamed 46 Maghreb / Afrique du Nord
Mohammad 38 Moyen-Orient / Asie du Sud
Mohammed 28 Maghreb / Moyen-Orient
Mohmmed 1 Variation anglophone
Mouhamed 1 Maghreb (orthographe francisée)
Mouhammad 1 Maghreb / Afrique de l’Ouest
Mouhammadou 1 Afrique de l’Ouest (ex. Sénégal, Mali)
Mouhammed 1 Maghreb / Afrique de l’Ouest
Muhammad 132 Monde musulman général
Muhammed 6 Turquie / Bosnie / Asie du Sud
Muhmmad 1 Variation anglophone
Muhamad 1 Asie du Sud (Indonésie / Malaisie)
Total 278

Il s'agit de variantes orthographiques ou phonétiques de Mohamed (محمد ou مُحَمَّد avec tous les diacritiques). La racine arabe H-M-D (ح-م-د) est la même pour tous ces prénoms. Les différences s'explique par :
  • Les différentes translittération de l’arabe vers le latin, par exemple « Mohamed » (à la française)  par rapport à « Muhamad » (à l'anglaise).
  • La prononciation locale : certaines langues qui utilisent l'alphabet latin simplifient ou modifient les sons notamment parce qu'elles ne connaissent pas les géminées (chadda en arabe), c'est ainsi qu'on trouve Mehmet en turc et Mahamat en tchadien. Il s'agit ici donc plus de transcription que de translittération. La translittération essaie de faire correspondre à chaque signe dans l'écriture d'origine un même signe dans la langue d'arrivée.
  • La translittération différente des voyelles courtes dans une même langue comme le français. On trouvera donc que la première voyelle de Mohammed/Mouhammed (noté par en arabe par  ou court, un damma) sera parfois transcrite « o » ou « ou » en français. En effet, ce son varie selon les dialectes. Le plus souvent il s'agit d'un [ʊ], mais alors il ne correspond ni à notre [o] dans réseau, ni à notre [u] dans coup, d'où l'hésitation en français.

Les prénoms masculins les plus courants après celui-ci étaient Noah (259), Theodore (204), Oliver (184), Henry (180), Jack et Lucas (à égalité avec 153), Levi (152), Liam (145), James (125), William (123), Benjamin et Bennett (à égalité avec 122).

Muhammad était également le prénom le plus populaire dans la ville de Toronto l'année dernière et en 2024, passant de la quatrième place en 2023.

Pour les filles, les prénoms les plus populaires en Alberta l'année dernière étaient Olivia, Amelia, Emma et Sophia (à égalité), Charlotte, Violet, Isla, Ellie et Nora (à égalité), Eliana, Chloe, Evelyn et Lily (à égalité), et Aurora.

Notons que Noah est un prénom que peuvent choisir certains musulmans. Sur des forums musulmans francophones (et ici) et anglophones, on trouve des discussions où de futurs parents ou des croyants débattent de l’acceptabilité de Noah (ou Noé) comme prénom pour un enfant musulman. Les opinions varient, mais certains thèmes reviennent souvent :
  • Noah est parfois vu comme acceptable parce qu’il renvoie au même personnage religieux que Nouh (Noé) de la Bible.
  • D’autres préfèrent une forme arabe plus traditionnelle (comme Nouh, Nuh ou Nooh).
  • Beaucoup répondent que l’intention religieuse et la signification positive priment sur la forme linguistique.
Il existe d'autres prénoms peu marqués comme musulmans : Rayan(e)/Ryan, Adam(e) et Anis, mais qui se rattachent à des noms musulmans. Les parents essayent ainsi d'intégrer leurs enfants sans trahir leurs origines. Rayan (ريّان) vient de l'adjectif arabe rayyān, signifiant « brillant, épanoui, beau ». Dans la tradition islamique, ar-Rayyān désigne aussi la porte du Paradis réservée à ceux qui jeûnent. Sa phonétique, proche de l'irlandais Ryan, lui confère une double appartenance qui brouille les frontières culturelles. Adam (آدم) est partagé par le judaïsme, le christianisme et l'islam. Enfin, Anis (أنيس) est un prénom d'origine arabe signifiant « le bon compagnon ».  

Pour les filles, Nora
est un autre de ces prénoms qui peuvent être occidental et arabe à la fois, mais avec des étymologies totalement différentes. Pour un musulman, il dérive de l'arabe an-nora (النورة), lui-même issu de nour (نور), signifiant « lumière ». D'abord exclusivement masculin, ce prénom aurait été féminisé pour être donné aux filles. Sofia/Sophia (sage du grec) est adoptée dans les communautés musulmanes comme équivalent phonétique de Safiya (صفية, pure) au point que les deux formes tendent à se confondre (voir ici, ici, ici et ).

Inde : Police démantèle un vaste réseau de faux diplômes utilisés notamment à l'étranger


Le 10 décembre 2025, la police de l’État du Kerala (Inde) a annoncé le démantèlement d’un réseau criminel de grande envergure spécialisé dans la fabrication et la vente de faux diplômes universitaires, dont les documents étaient utilisés par des candidats pour soumettre des demandes d’emploi ou d’admission universitaire tant à l’étranger qu'en Inde.

L’affaire a été déclenchée dans le district de Malappuram, après des signalements de documents suspects utilisés lors de démarches administratives et professionnelles. Les enquêteurs ont rapidement mis au jour une organisation structurée, active à l’échelle de plusieurs États indiens.

Au total, environ 11 personnes ont été arrêtées, dont le principal accusé, Dhaneesh, alias Dany, déjà connu pour des affaires similaires depuis 2013 : après avoir purgé une peine de prison, il aurait reconstruit et étendu son réseau de contrefaçon.

Fabrication et distribution des faux diplômes

Les perquisitions ont révélé que la production des faux diplômes se déroulait dans un centre clandestin de Pollachi (Tamil Nadu), où des imprimantes professionnelles, des logiciels de contrefaçon et des matériaux perfectionnées étaient employés pour reproduire des certificats à entêtes, hologrammes, signatures et sceaux falsifiés.

Une fois imprimés, ces documents étaient envoyés à un bureau central à Bengaluru (Karnataka) avant d’être distribués par un réseau d’agents vers différents États, notamment le Kerala, le Tamil Nadu, le Karnataka, l’Andhra Pradesh, le Maharashtra, Goa, Delhi et le Bengale occidental.

Les autorités ont saisi près de 100 000 faux diplômes émis au nom d’environ 22 universités indiennes ou étrangères, couvrant des domaines sensibles tels que la médecine, les soins infirmiers, l’ingénierie, l’informatique et d’autres filières professionnelles : ces documents étaient conçus pour ressembler au plus près les diplômes authentiques.

De nombreux éléments recueillis par les enquêteurs indiquent que des candidats les achetaient dans le but exprès de renforcer leurs dossiers de candidature à des emplois ou à des programmes d’études à l’étranger — souvent vers des destinations où la vérification de ces documents est moins rigoureuse qu'en Inde.

Selon la police, ces faux diplômes étaient vendus entre 75 000 et 1,5 lakh roupies chacun (environ 800 à 1 600 € ou 1100 à 2200 dollars canadiens) selon le domaine et le niveau de qualification.

Selon les déclarations d’autorités et de responsables politiques étrangers, le réseau aurait potentiellement fourni plus d’un million de documents frauduleux, bien que ce chiffre soit une estimation indicative basée sur l’ampleur de l’opération, et non un décompte exhaustif confirmé.

Faux certificat et faux tampons et sceaux.

Réactions en Australie et implications internationales

L’affaire a eu des répercussions au‑delà des frontières indiennes. En Australie, par exemple, le gouvernement a rétrogradé l’Inde dans une catégorie de « risque plus élevé » dans son système de visas étudiants, en invoquant des préoccupations concernant l’intégrité des documents scolaires et universitaires présentés par certains candidats indiens à des fins d’étude ou de travail.

Un sénateur australien a même affirmé sur les réseaux sociaux que ce scandale met en lumière des failles dans les contrôles de visas et l’évaluation des compétences, accusant certains candidats de postuler avec des diplômes achetés plutôt qu’acquis légitimement.

Suite de l’enquête

Les autorités poursuivent désormais plusieurs axes d’investigation :

  • Vérification des diplômes saisis auprès des universités et institutions concernées pour confirmer leur origine ou dévoiler des complicités internes.
  • Identification des utilisateurs finaux de ces documents, notamment ceux ayant soumis des candidatures à l’étranger ou pour des emplois nationaux.
  • Recherche de possibles complices ou intermédiaires, qu’il s’agisse d’agents de recrutement, de fonctionnaires ou de prestataires de services documentaires.

Sources : ArabTimes, The Hindu, Financial Express, OpIndia

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lundi 16 février 2026

Les poursuites judiciaires contre les traitements de transition pour les mineurs pourraient prendre une ampleur considérable

Les poursuites judiciaires autour des traitements médicaux de transition pour les mineurs pourraient prendre une ampleur considérable

Une personne ayant renoncé à sa réassignation sexuelle s'est vu octroyer 2 millions de dollars. À mesure que les directives américaines évoluent, d'autres suivront.


Des milliers de jeunes filles américaines ont subi une mastectomie élective dans le cadre d'un traitement de transition sexuelle. Selon le Journal of the American Medical Association, entre 2016 et 2020, 3 215 mastectomies, 405 chirurgies génitales et 350 autres interventions liées au genre ont été pratiquées sur des personnes âgées de 12 à 18 ans des deux sexes ; le nombre réel est certainement plus élevé. Les partisans de ces interventions chez les mineurs affirment qu'elles peuvent soulager la détresse et même prévenir le suicide. Leurs détracteurs estiment que les preuves à l'appui sont peu probantes et prédisent une avalanche de poursuites pour faute professionnelle médicale.

Deux événements récents suggèrent que les médecins qui prescrivent des interventions irréversibles de transition à des adolescents auraient tout intérêt à prendre ces menaces de poursuite en justice au sérieux. Le premier événement est l'octroi d'une indemnité de 2 millions de dollars à une patiente de New York le 30 janvier dernier.

L'affaire concernait une femme appelée Fox Varian. Après une enfance difficile, au cours de laquelle ses parents se sont disputés sa garde, Mme Varian a commencé à souffrir de dépression et d'anxiété. Elle a également été diagnostiquée autiste. À l'âge de 15 ans, elle a commencé à s'identifier comme un garçon. Son psychologue aurait averti sa mère qu'elle risquait de se suicider si elle ne subissait pas l'opération.

En décembre 2019, à l'âge de 16 ans, Mme Varian a subi une double mastectomie. Loin de s'améliorer, sa santé mentale s'est détériorée. En 2022, elle a décidé de revenir sur sa transition. L'année suivante, elle a intenté un procès pour faute professionnelle médicale contre son psychologue et son chirurgien. Il s'agissait du premier procès devant un jury américain de ce type intenté par une personne ayant renoncé à sa transition. « J'avais 16 ans et j'étais vraiment, vraiment malade mentalement, c'est évident », a déclaré Mme Varian au tribunal, selon le Free Press. Le jury lui a accordé 1,6 million de dollars pour ses souffrances passées et futures et 400 000 dollars pour ses frais médicaux futurs.

Le deuxième avertissement est venu le 3 février, lorsque l'American Society of Plastic Surgeons (ASPS), qui représente plus de 90 % des professionnels de la chirurgie plastique aux États-Unis et au Canada, s'est prononcée contre les chirurgies liées au genre pour les patients de moins de 19 ans. Dans un communiqué, elle a invoqué « les limites en termes de qualité, de cohérence et de suivi des études, ainsi que les preuves émergentes de complications liées au traitement et de risques potentiels ».

Elle a également réitéré ses doutes quant à la fiabilité des directives cliniques existantes en matière de soins liés au genre aux États-Unis, soulignant qu'il n'existe pas de « preuves suffisantes » que les avantages l'emportent sur les inconvénients de la prescription d'hormones du sexe opposé ou de bloqueurs de puberté aux adolescents. Le traitement hormonal peut avoir des effets moins spectaculaires que la chirurgie, mais il peut également avoir des effets permanents, tels que la stérilité.

L'ASPS est la première association médicale américaine à adopter l'une de ces positions. Le lendemain, l'Association médicale américaine, qui représente plus de 250 000 médecins, a déclaré que « les preuves en faveur des interventions chirurgicales d'affirmation du genre chez les mineurs étant insuffisantes, l'AMA partage l'avis de l'ASPS selon lequel les interventions chirurgicales chez les mineurs devraient généralement être reportées jusqu'à l'âge adulte ».

Tout cela fait écho aux avertissements lancés dans certains pays européens. En 2024, un rapport commandé par le gouvernement britannique, connu sous le nom de Cass Review, a conclu que les preuves des avantages (et des inconvénients) des bloqueurs de puberté et des hormones sexuelles croisées sur les enfants et les adolescents étaient « remarquablement faibles ». Sous la présidence de Donald Trump, le département fédéral américain de la santé et des services sociaux a publié un rapport similaire, qui convenait que les preuves des avantages étaient fragiles et que le traitement soulevait de graves préoccupations éthiques.

Le sujet est politiquement sensible. De nombreux partisans de M. Trump tiennent des propos hostiles à l'égard des personnes transgenres, et plusieurs de ses décrets présidentiels visent les transgenres. Dans le même temps, certains progressistes américains rejettent le rapport du HHS simplement parce qu'il a été commandé par M. Trump. « De nombreux démocrates associent la restriction de la transition des adolescents au président Trump, ils doivent donc s'y opposer, même si les preuves des avantages de ces procédures sont clairement très peu convaincantes et que les inconvénients sont de plus en plus nombreux », explique Zhenya Abbruzzese, de l'ONG Society for Evidence-Based Gender Medicine.

En l'absence d'un service national de santé, la profession médicale américaine fixe ses propres normes. Les directives des associations médicales en sont un élément important. Plusieurs des plus importantes, dont l'American Academy of Paediatrics (AAP), continuent de soutenir la transition des adolescents. Le 4 février, le directeur de l'AAP, Andrew Racine, a déclaré que « ce sont les patients, leurs familles et leurs médecins, et non les politiciens, qui doivent décider ensemble des soins qui leur conviennent le mieux ».

Les Américains ont généralement tendance à faire confiance aux médecins, mais ils se méfient de ces procédures pour les enfants. Un sondage réalisé par le New York Times en 2025 a révélé que 90 % des républicains et 54 % des démocrates s'opposaient à l'administration de bloqueurs de puberté ou d'hormones du sexe opposé aux mineurs.

Les partisans de la transition des adolescents ont minimisé l'importance de l'affaire Varian, affirmant que les circonstances la rendaient peu pertinente pour d'autres procès liés à la détransition. Les détracteurs, en revanche, pensent que la semaine dernière pourrait marquer un tournant. Plus d'une vingtaine d'autres « détransitionneurs » ont intenté des poursuites judiciaires. Les observateurs estiment que les dommages-intérêts pourraient s'élever à plusieurs centaines de millions de dollars. « Je ne dirais pas que c'est la rupture du barrage, mais il est clair que de nouvelles fissures apparaissent », déclare Leor Sapir, coauteur du récent rapport du HHS.

Source : The Economist


dimanche 15 février 2026

Sondage – Forte opposition à la régularisation massive par le gouvernement de gauche espagnol


Un article du journal en ligne El Español affirme
, sur la base d’un sondage de l’institut SocioMétrica, que 67,4 % des Espagnols et 89,3 % des 17–35 ans s’opposent à la régularisation d’environ 850 000 immigrés en situation irrégulière décidée par le gouvernement de Pedro Sánchez. Seuls 29,4 % y seraient favorables, principalement parmi les électeurs (de gauche) du PSOE, de Sumar et de Podemos.

Le texte souligne plusieurs inquiétudes relevées par l’enquête :
  • 69 % des sondés redoutent un « effet d’appel », de pompe aspirante.
  • 67,6 % estiment que la mesure pourrait permettre à des délinquants d’obtenir un titre de séjour.
  • 82,6 % souhaitent l’expulsion des candidats à la régularisation incapables de prouver l’absence d’antécédents judiciaires.
  • 41 % pensent que l’objectif réel du gouvernement serait de modifier le corps électoral, en écho aux déclarations polémiques d’Irene Montero de Podemos (vidéo ci-dessous) sur le « remplacement ». Plus d’un million d’étrangers ont obtenu la nationalité espagnole depuis 2018, selon les données officielles de l’INE et des projections basées sur les tendances récentes. Ils pourront bientôt voter aux élections (cela dépend de leur origine).
L’article évoque aussi les critiques de responsables européens, notamment du commissaire européen à la migration Magnus Brunner et du Parti populaire européen, qui jugent la régularisation massive contraire à la ligne de fermeté adoptée récemment dans l’UE.

Rappel

Irene Montero, ancienne ministre espagnole de l'Égalité et dirigeante du parti Podemos, appelle de ses vœux le remplacement des Espagnols de souche :
Je demande aux personnes migrantes et racisées, s'il vous plaît ne nous laissez pas  seules [au féminin] avec ces tous ces fascistes. Il va de soi que nous voulons que vous votiez. Bien sûr que oui. Nous [vous] avons obtenu des papiers, la régularisation. Et maintenant il s'agit d'obtenir la nationalité ou de changer la loi pour que vous puissiez voter.

Espérons-le. La théorie du remplacement ? Si seulement nous pouvions balayer de ce pays ces fachos et racistes à l'aide de migrants, de travailleurs. 

Bien sûr que je soutiens la théorie du remplacement, j'espère que nous pourrons débarrasser ce pays des fascistes et des racistes grâce aux immigrants. 
Par ailleurs, le gouvernement espagnol a conclu un accord avec Podemos en vue de lancer une régularisation exceptionnelle des personnes migrantes présentes sur le territoire avant le 31 décembre 2025. L’annonce a été faite ce lundi par Irene Montero, candidate du parti aux prochaines élections, qui estime que cette mesure pourrait bénéficier à plus de 500 000 personnes.

Le gouvernement espagnol a concrétisé fin janvier 2026 ce qui avait été annoncé début février : l’adoption d’un décret royal exceptionnel visant à régulariser des centaines de milliers de personnes migrantes en situation irrégulière vivant en Espagne avant le 31 décembre 2025. Ce texte a été approuvé par le Conseil des ministres sans passer par un débat parlementaire, faute de majorité stable au Congrès.

Un décret approuvé, en vigueur, avec application prévue pour avril

Le décret a bien été publié au Journal officiel espagnol et entrera en vigueur dans les semaines à venir. Il crée une procédure exceptionnelle et temporaire par laquelle les personnes migrantes pourront déposer une demande de régularisation entre avril et le 30 juin 2026.

Comme prévu, cette procédure repose sur quelques critères fondamentaux :
  • être présent en Espagne avant le 31 décembre 2025 ;
  • y avoir résidé au moins cinq mois avant cette date ;
  • avoir un casier judiciaire vierge, en Espagne ou à l’étranger ;
  • déposer un dossier comportant des justificatifs de présence (inscription au padrón, contrats, factures, certificats médicaux, etc.).
La mesure s’applique également aux demandeurs d’asile ayant déposé leur demande avant fin décembre 2025.

Une fois la demande déposée, les procédures d’expulsion en cours sont automatiquement suspendues, et les personnes acceptées reçoivent dès l’accueil du dossier une carte de séjour provisoire d’un an avec droit de travailler immédiatement.

Une fois cette année passée, les bénéficiaires pourront demander des titres de séjour ordinaires selon les voies usuelles du droit espagnol.

Précisions importantes sur le critère du casier judiciaire

Dans les faits, cela signifie que les autorités prendront en compte les antécédents connus en Espagne et les informations disponibles sur les pays d’origine ou de résidence précédents ; l’accès à ces documents dépend de la coopération des pays concernés. La réglementation en cours de finalisation clarifiera ces modalités, mais l’examen de l’historique judiciaire reste une condition obligatoire.

Cette exigence n’est pas purement formelle : le gouvernement affirme qu'il est prévu d’empêcher l’accès à la régularisation à ceux qui présentent des condamnations graves ou des risques avérés pour l’ordre public.

Participation publique et règlement d’application

Après l’adoption du décret, le ministère espagnol des migrations a ouvert une consultation publique sur le règlement d’application du dispositif. Ce règlement détaille notamment les preuves de résidence acceptées, les procédures de validation et les délais administratifs, et reste en cours de finalisation avant d’être définitivement publié.

Réactions politiques toujours vives

Le principal parti d’opposition, le Parti populaire (PP), et d’autres formations de droite critiquent ouvertement la mesure, affirmant qu’elle pourrait créer un « effet d’appel » en encourageant davantage de migrations irrégulières et mettre sous pression les services publics. Ils évoquent la possibilité de recours juridiques devant les tribunaux administratifs ou constitutionnels pour contester l’usage du décret comme instrument principal.

Vox, parti de droite nationaliste, et certains acteurs régionalistes ont également renouvelé leur opposition en soulignant les difficultés d’intégration et les risques pour la cohésion sociale.

Pour l’heure, aucune procédure de suspension du décret n’a abouti devant une juridiction supérieure, et le texte reste pleinement en vigueur. Les critiques se concentrent sur les implications politiques et sociales plutôt que sur une illégalité avérée du texte.

Les syndicats alertent sur les défis pratiques


Sur le plan administratif, certaines forces de police et syndicats ont signalé une augmentation des tentatives de fraude ou de déclarations suspectes de perte de documents d’identité, ce qui complique le travail des services chargés de l’identification et de l’instruction des dossiers. Ils recommandent des vérifications rigoureuses des identités et des antécédents avant l’examen des demandes.

L’Odyssée de Christopher Nolan : Hélène de Troie incarnée par Lupita Nyong’o ?

Elle est une des figures à l’origine de la civilisation européenne mais la comédienne qui l’incarnera au cinéma serait d’origine africaine ! Des médias américains ont en effet annoncé que le rôle d’Hélène de Troie, dans le film L’Odyssée que prépare Christopher Nolan et qui devrait sortir l’été prochain, aurait été attribué à l’actrice Lupita Nyong’o (ci-contre), une Mexicaine d’origine kényane. Personnage clé de l’Iliade, Hélène de Troie est, selon la mythologie, la fille grecque de Zeus et de Léda, et l’épouse du roi de Sparte Ménélas. 

Elle est décrite par Homère comme ayant « la peau claire et les cheveux blonds ». Son enlèvement par le prince troyen Pâris est à l’origine de la guerre de Troie, à laquelle participa Ulysse, qui sera de son côté incarné par Matt Damon. 

Le choix de cette comédienne a suscité de violentes critiques de nombreux internautes, qui s’indignent de cette « appropriation culturelle ». C’est le cas d’Elon Musk, issu de cette culture européenne sinon européen lui-même, qui a réagi sur ses réseaux sociaux par un message laconique sans ambiguïté : « Chris Nolan a perdu son intégrité »….

Attention toutefois : aucune annonce officielle n’a confirmé que Lupita Nyong’o incarnera bien Hélène. Le rôle reste au stade de la rumeur insistante, amplifiée par des fuites et des montages truqués sur les réseaux.

Le film L'Odyssée (sortie prévue été 2026, tourné en IMAX) est une adaptation très libre et une « épopée mythique moderne pleine d'action » selon les descriptions. Matt Damon joue Ulysse/Odyssée, Anne Hathaway est probablement Pénélope. On retrouve dans la distribution : Tom Holland, Robert Pattinson, Zendaya (Athéna selon certaines sources), Charlize Theron, etc.  


Hélène de Troie dans 3 péplums non diversitaires

Diane Kruger dans Troie (2004)

Sienna Guillory dans Hélène de Troie (2003)

Rossana Podestà dans Hélène de Troie (1956)

samedi 14 février 2026

Les jeunes prêtres américains beaucoup plus opposés au mariage homosexuel que leurs aînés

Un graphique partagé par le sociologue des religions Ryan Burge met en lumière une évolution frappante au sein du clergé catholique américain. 

La question posée aux prêtres est la suivante : « Si l’Église catholique l’autorisait, célébreriez-vous le mariage d’un couple de même sexe ? » 

Les réponses, ventilées par génération (décennie de naissance), révèlent un contraste générationnel très marqué.

Parmi les prêtres les plus âgés (nés avant 1950), 61 % penchent vers un « oui » (ils diraient probablement ou définitivement oui). À l’inverse, chez les prêtres nés en 1970 ou après (donc majoritairement ordonnés après 2000), ce chiffre chute à seulement 19 %. Autrement dit, plus de 80 % des jeunes prêtres se montrent fermement opposés, même dans un scénario hypothétique où Rome changerait sa doctrine.

Cette tendance confirme un phénomène observé depuis plusieurs années dans les enquêtes sur le clergé catholique aux États-Unis : les ordinations récentes attirent majoritairement des profils théologiquement conservateurs, attachés à l’enseignement traditionnel sur la morale sexuelle, le sacerdoce réservé aux hommes, ou encore la liturgie.

Les prêtres plus âgés, formés dans le contexte post-Vatican II des années 1960-1980, affichent souvent un manque de rigueur ou un plus grand dissensus personnel sur ces questions. À moyen terme, cela signifie que le clergé américain deviendra progressivement beaucoup plus homogène et orthodoxe sur ces sujets sociétaux. Alors que certains fidèles (surtout parmi les plus âgés ou les plus libéraux) espèrent une ouverture progressive, la base sacerdotale tire clairement dans l’autre sens.

Source de l’étude

Ces données proviennent du National Survey of Religious Leaders (NSRL), une grande enquête menée par Duke University et accessible via l’Association of Religion Data Archives (ARDA). Ryan Burge les a analysées et visualisées dans son article « A House Divided: Clergy, Conscience, and Same-Sex Marriage » publié le 20 février 2025.




vendredi 13 février 2026

L'État se féminise et se « diversifie » (m à j)

Mise à jour (2026)

Les femmes comptaient pour 61,0 % de l’effectif régulier de la fonction publique québécoise en mars 2024, comparativement à 59,3 % en mars 2020 (et 59,5 % en mars 2021).

La proportion des femmes cadres dans l’effectif régulier a atteint 51,4 % en mars 2024, soit un accroissement de 2,2 points de pourcentage depuis mars 2020 (et +1,5 point depuis mars 2021, où elle était à 49,9 %).

La proportion de femmes occupant des emplois en haute direction était de 51,0 % en mars 2024.

Concernant les embauches de personnes membres d’au moins un groupe cible (minorités visibles et ethniques, anglophones, autochtones, personnes handicapées), les données les plus récentes détaillées sur la proportion dans le personnel régulier recruté ne sont pas précisées dans les faits saillants 2023-2024, mais la tendance globale à l’augmentation des groupes visés se poursuit (par exemple, via les plans dits d’accès à l’égalité en emploi). Pour 2020-2021, la proportion était de 22,9 % (hausse de 5,7 points depuis 2016-2017), et les indicateurs d’équité continuent d’évoluer positivement.

La proportion d’embauche de personnes membres de communautés culturelles se situait à 20,8 % en 2020-2021, soit une augmentation de 5,5 points de pourcentage par rapport à l’exercice financier 2016-2017. (Aucune mise à jour précise pour les années récentes n’est disponible dans les rapports publics consultés, mais les politiques d’inclusion se renforcent.)

Le nombre de cadres « racisés » a augmenté à Radio-Canada ; les femmes y représentent environ 63 % des cadres (données stables ou légèrement évolutives d’après les rapports sur la diversité de l’effectif pour les services français, autour de 2023-2024 ; la proportion de personnes racisées dans l’ensemble du personnel cadre a progressé à 17,0 % dans les observations récentes sur l’effectif).

La tendance globale reste à la hausse pour la représentativité des femmes (environ +0,4 point par an en moyenne ces dernières années pour l’effectif régulier total, et plus marquée chez les cadres).

Mise à jour (2022)

Les femmes comptaient pour 59,5 % de l’effectif régulier de la fonction publique québécoise en mars 2021, comparativement à 58,6 % en mars 2017. 

La proportion des femmes cadres dans l’effectif régulier a atteint 49,9 % en mars 2021, soit un accroissement de 3,4 points de pourcentage depuis mars 2017.

La proportion d’embauches de personnes membres d’au moins un groupe cible (minorités visibles et ethniques, anglophone, autochtone, personne handicapée) dans l’ensemble du personnel régulier recruté se situait à 22,9 % pour l’année 2020-2021, soit une augmentation de 5,7 points de pourcentage par rapport à l’exercice financier 2016-2017. 

La proportion d’embauche de personnes membres de communautés culturelles se situait à 20,8 % en 2020-2021, soit une augmentation de 5,5 points de pourcentage par rapport à l’exercice financier 2016- 2017.

 Source


Voir aussi 
 
 
 
  
 
 
 
 
Billet originel (2013)
 
En mars 2007, l’effectif régulier de la fonction publique québécoise était composé de 55,6 % de femmes et de 44,4 % d’hommes, soit un écart de 11,2 points de pourcentage en faveur des femmes. En mars 2011, l’écart s’est accentué pour atteindre 16,0 points de pourcentage, l’effectif régulier comportant maintenant 58,0  % de femmes et 42,0 % d’hommes  (page 34 de ce rapport gouvernemental).

Les femmes constituaient 60,0 % des nouvelles embauches en 2010-2011. (p. 44) Que fait Madame Marois pour corriger cette féminisation ?

Répartition des sexes dans la fonction publique québécoise

Le taux d’embauche des personnes membres d’au  moins un groupe bénéficiant de discrimination positive (minorités immigrées, anglophone, autochtone, personne handicapée) se situe à 22,0 % pour l’année 2010-2011, soit une hausse de 2,5 points de pourcentage depuis 2006-2007. Les membres de minorités visibles ont vu leur taux d’embauche passer de 14,0 % à 19,1 % entre 2006-2007 et 2010-2011.

Répartition des groupes bénéficiant de la discrimination positive


Pour ce qui est des commissions scolaires (un groupe distinct et séparé de la fonction publique comprenant également le personnel enseignant ou non des écoles publiques), les hommes étaient 29,6 % (45 636 sur 154 183 employés)  et les femmes 70,4 % des effectifs en 2007.  Voir la p. 44 de ce rapport du Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJQ). Ce qui n'empêchait pas la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec d'indiquer un manque de 5 618 femmes (p. 46) ! Une fois cet objectif atteint, les hommes seraient à 26 %.

En 2011, le dernier rapport de la CDPDJQ précise que le nombre d'employés dans les commissions scolaires était de 154 187 (p. 57), mais il ne donne que le pourcentage d'handicapés dans ce tableau récapitulatif. Il faut aller aux annexes I et III pour totaliser les effectifs de chaque commission (il y en a 70) et dénombrer la prétendue sous-représentation des femmes dans chacune des commissions scolaires : 5 612.  Eh, oui, les effectifs des commissions scolaires sont très majoritairement féminins (108 547 soit 70,4 %), mais il y aurait toujours une sous-représentation des femmes dans ces mêmes commissions scolaires — près de 5600 femmes manqueraient ! — selon ce rapport au titre orwellien  « L’Accès à l'égalité en emploi »...

États-Unis : l’aide française dans la guerre d’indépendance a été minimisée

À l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine, l’historienne néerlandaise Iris de Rode a découvert dans des archives privées la correspondance de l’un des personnages clefs de la guerre, le marquis de Chastellux. « Des aristocrates qui vont se battre pour défendre des principes de liberté ne rentrent pas dans les schémas historiques », estime Iris de Rode. Le Figaro l'a rencontrée.


LE FIGARO. — Comment êtes-vous devenue historienne de la guerre d’indépendance américaine ?

IRIS DE RODE. — J’y ai été menée par un arbre. Je suis hollandaise, mais j’ai passé une partie de mon enfance en France. Mes parents avaient acheté, pour la restaurer, une propriété du XVIIe siècle dans le Morvan. Il y avait devant la maison un grand arbre appelé « l’arbre de La Fayette », la tradition locale voulant qu’il l’ait planté à son retour d’Amérique. Quelques années plus tard, j’ai découvert en lisant une biographie de La Fayette qu’il n’était jamais venu dans la région. J’ai décidé d’élucider l’histoire de cet arbre, et de savoir qui l’avait planté, si ce n’était pas La Fayette. Mes recherches m’ont amenée aux archives locales à Avallon. J’ai retrouvé la correspondance de l’ancien propriétaire de notre maison, qui évoquait un arbre d’Amérique dans des lettres à un certain Chastellux. Je me suis souvenue de l’existence d’un château de ce nom dans la région. J’ai trouvé une adresse électronique, et écrit à tout hasard en expliquant mes recherches. Le propriétaire actuel du château, Philippe de Chastellux, m’a répondu qu’il avait le même arbre chez lui, et qu’il savait qui l’avait planté. Il m’a invitée à lui rendre visite.

Le château de Chastellux

— Qu’y avez-vous découvert ?

— Que l’arbre de Chastellux était lui aussi un tulipier de Virginie, comme le nôtre. Mais surtout qu’il avait été selon la tradition familiale offert par George Washington à son ancêtre, François-Jean de Chastellux, qui avait participé à la guerre d’indépendance américaine et combattu à la bataille de Yorktown. Philippe de Chastellux m’a prêté le livre de ses souvenirs de campagne. C’est là où tout a commencé. J’ai découvert le personnage de Chastellux, mais aussi l’histoire de l’indépendance des États-unis et de la participation française à ce conflit. Ce livre m’a passionnée. J’ai repris mes recherches sur Chastellux à Paris pour mon mémoire de maîtrise, mais j’ai eu la surprise de ne trouver aucun document le concernant dans les Archives nationales. Je suis donc retournée voir Philippe de Chastellux, qui m’a montré en secret la tour de son château contenant les archives familiales.

— Qui est François-jean de Chastellux ?

Le marquis de Chastellux est major général dans l’expédition particulière, le corps expéditionnaire français envoyé en 1780 par Louis XVI pour aider les insurgés américains. Il est le numéro trois dans l’état-major, sous le commandement du général de Rochambeau. C’est un soldat professionnel, spécialiste des questions militaires. Il a combattu très jeune en Allemagne pendant la guerre de Sept Ans. Il a aussi étudié la stratégie, et a été l’auteur d’un plan de réforme de l’armée française après ce conflit.

— Quel est son rôle dans la campagne ?

Chastellux prend l’initiative d’un grand voyage de reconnaissance sur le terrain, que Rochambeau approuve. Ce déplacement marque un tournant dans la campagne, à un moment où la coopération entre les alliés est difficile et incertaine. Il traverse plusieurs États, visite les précédents champs de bataille. Il participe activement à la conférence où est décidée la stratégie : il contribue au choix de ne pas tenter de reprendre New York, pour se concentrer à la place sur la baie de la Chesapeake, décision qui aboutira à la victoire de Yorktown.